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Elle devait être une œuvre magistrale, cette fugue au thème clair et joyeux dont la réponse tellement rapide et inattendue m’avait lancée de facto dans la danse.

Rêves projetés, rires et jeux imaginés. Brise d’été sur peaux lisses aux odeurs de vanille.

Le contrepoint était rythmé, le ton donné, la vie lancée. Les feuilles devaient virevolter des années, promesse d’un bonheur synchronisé.

Elles devaient. Elle devait. Mais la fugue ne fut jamais terminée.

Ma douce mélodie attendant désespérément un alter écho mais n’obtenant qu’un acouphène, a été replacée dans ce Requiem qui, depuis, me lacère le cœur et me torture l’esprit.

 

-          Tu dis rien, t’as fait quoi de ta journée ?

-          J’ai acheté du pain à la Supérette, j’ai salué la caissière et la pharmacienne m’a parlé de régurgitation pendant 10 minutes.

-          …

-          …

-          C’est quoi dans tes cheveux ?

-          Mince, le petit a eu du reflux tout à l’heure et… j’avais pas vu…

-          …

-          Olala, tu savais toi que Brangélina allaient se marier ?

-          …

 

Désolée, je fais ce que je peux avec la vie sociale que j’ai pour le moment.

 

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C’est facile.

Penser qu’on est bien et découvrir qu’il y a encore mieux.

Être étonné alors qu’on se croyait blasé.

Renaître malgré la routine.

Et se laisser bercer.

 

 

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C’était l’hymne de la colère. De l’incompréhension. De l’injustice.

Des pleurs qui ruissellent alors que les cris s’étouffent dans l’oreiller.

De cette rage folle qui explose et hurle son désespoir des années durant.

Des rafales qui arrachent les branches sans tenir compte de l’avenir prometteur des bourgeons naissants.

Et de cette impression vide qui prenait aux tripes, laissant vacante la place du cœur dans la cage thoracique.

 

Pourtant, ce matin là, pour la première fois, elle fut synonyme de plénitude.

Guérison absolue des blessures séculaires qui jadis traversaient ce corps.

Berceuse nostalgique racontant l’histoire d’une autre. Qu’elle aurait volontiers consolé dans ses bras.

 

 

 

-          T’as pas l’impression d’être l’esclave de ton enfant ?

-          Non pourquoi ?

-          Ben quand même, tu allaites à volonté…

-          Ah ? pardon…

Revoilà le temps de l’éternel dilemme, celui qui affirme que si tu choisis d’assumer ton côté femelle en faisant des enfants, mais aussi en t’en  occupant de façon jugée animale, tu portes atteinte au combat quotidien des femmes voire pire, tu es accusée de haute trahison, flagrant délit de prosélytisme en faveur de la femme esclave à la maison.

Me voilà donc rangée, bien malgré moi, dans une case qui ne me convient pas. Et cela, non seulement par les hommes, mais surtout, par mes pairs. Alors, je m’interroge. En quoi avoir fait le choix d’être une maman qui assume ce qu’on appelle le « maternage » fait de moi une anti-féministe ?

J’ai fait des enfants, et j’ai décidé de l’assumer totalement. Alors oui, ils me demandent du temps. Je nourris, je porte et tente de répondre à leurs attentes. Je le fais parce que je crois réellement que cela peut faire la différence. Encadrant, structurant.

Et voilà que, si j’en crois certaines féministes renommées (ou non), mon comportement nuirait à la condition féminine, voire, porterait atteinte à leur combat permanent de ces dernières décennies. Bon, je veux bien avouer, ma grossesse m’a grillé quelques neurones, mais pas ma détermination. Je pense toujours qu’une femme vaut autant qu’un homme, que travail égal mérite salaire égal, qu’un homme aussi peut prendre (devrait prendre) un congé parental. Je continue d’être outrée quand on se permet de faire des remarques sur le physique des femmes ou leur habillement dans le milieu politique ou professionnel alors qu’aucun homme n’a à se justifier ou seulement à subir ces phrases déplacées. Et j’ai toujours la gerbe d’entendre les hommes parler des femmes comme si elles étaient des morceaux de bidoche alors que ces mêmes mâles ne supportent pas la réciproque et finissent par qualifier celles qui oseraient les imiter ou repousser leurs avances de : moches – mal baisées – frustrées – coincées, au choix. Entourez la/les mention(s) trop souvent entendue(s).

Faire des enfants, c’est faire des sacrifices sur sa vie de femme, du moins, pendant un temps.  Mais je pense que c’est aussi le cas pour les hommes. Ceux qui ne se sentent pas concernés sont ceux qui appartiennent à un autre temps. Ce qui est certain c’est que la grossesse marque plus ou moins durablement le corps d’une femme, je ne vais pas le nier. Mais est-ce si important ? La société impose la beauté contre la « difformité », la perfection contre les défauts. A nous de sortir de ces préceptes ridicules. Pour autant, je ne juge pas les femmes qui décident de ne pas avoir d’enfants. Elles ont leurs raisons – qui se tiennent puisqu’elles leur sont propres-  et personne ne peut remettre en cause ce choix. Je respecte aussi les femmes qui ne se sentent pas la fibre « maternante ». Il n’y a pas de concours de la meilleure mère, du moins, je ne m’inscris pas non plus dans ce schéma-là. Cessons ces dichotomies stupides et puériles. Les femmes ne sont-elles pas plus subtiles que ça ?

Un papa poule, on trouve ça attendrissant, c’est une vraie avancée. Mais pourquoi  considérer les mamans poule comme une régression ? Et si on arrêtait de tout voir en termes de combat, mais plutôt en termes de choix ? Arrêtez Mesdames de considérer celles qui se consacrent à leur vie professionnelle –  ou à leur vie tout court – comme des égoïstes. De l’autre côté, arrêtez Mesdames d’affirmer que les femmes qui maternent sont un frein à la modernité des mentalités. Ces points de vue simplistes et caricaturaux ne font qu’apporter de l’eau aux moulins machistes qui se font ainsi une joie de relever nos divergences pour nous décrédibiliser  et justifier leur dominance dans la société.

Et qu’on se le dise, j’ai beau cocooner mes enfants, je serai toujours prête à bruler mes soutien-gorge ! (enfin pas ceux d’allaitement, ou pas tout de suite, pour le moment, ils sont bien trop pratiques)

Mrs D a une poitrine magnifique grâce à l'allaitement

 

 

 

 

Mini D : On a qu’à l’appeler Fenêtre! Ou Tapis!

Mrs D: Je suis pas très sûre ma chérie…

Mini D : Oh mais maman, je voulais une petite soeur…

(Ben ça, j’avais compris…)

 


 

 

 

 

Mrs D: Et si on l’appelait Fantomas?

Le Loup: Nan… *soupir*

Mrs D: Je m’en fiche, je t’aurai au finish!

 

(L’accouchement va être sport!)